Définition
Pour un opérateur compact auto-adjoint T sur un espace de Hilbert H, le théorème spectral affirme que H admet une base orthonormée de vecteurs propres de T, les valeurs propres correspondantes sont réelles, dénombrables (avec éventuellement 0 comme valeur d'accumulation) et chaque valeur propre non nulle a une multiplicité finie ; T se représente comme une série convergente T = Σ λ_k ⟨·,u_k⟩ u_k.

Principe

Principe
La compacité discrétise le spectre (sauf éventuellement 0) tandis que l'auto-adjonction impose la réalité des valeurs propres et l'orthogonalité des vecteurs propres ; conjuguées, ces propriétés permettent une diagonalisation analogue au cas hermitien fini-dimensionnel.

Démonstration

Démonstration
Un opérateur intégral symétrique de Hilbert–Schmidt (Kf)(x)=∫ K(x,y) f(y) dy sur L^2 avec noyau symétrique à carré intégrable possède un ensemble orthonormé dénombrable de fonctions propres et une expansion en paires propres convergeant pour la classe d'opérateurs compacts.

Mauvaise application

Mauvaise application
Appliquer cette conclusion de base propre discrète à des opérateurs auto-adjoints bornés non compacts (qui peuvent avoir un spectre continu) ou à des opérateurs compacts non auto-adjoints (qui peuvent avoir un spectre non réel et des vecteurs propres non orthogonaux).

Conséquence

Conséquence
On obtient des développements spectraux explicites, un calcul fonctionnel pour T et des propriétés de convergence pour des méthodes itératives ; la décomposition spectrale réduit de nombreux problèmes linéaires à des équations scalaires sur les coordonnées propres.

Inversion

Inversion
Le théorème spectral général pour opérateurs auto-adjoints bornés utilise une mesure spectrale à valeurs projectives et fournit une décomposition spectrale continue plutôt qu'une base propre discrète ; les opérateurs normaux non auto-adjoints nécessitent d'autres cadres de diagonalisation unitaire.

Limite

Limite
Les hypothèses sont essentielles : compacité et auto-adjonction ; sans compacité le spectre peut être continu, sans auto-adjonction les valeurs propres peuvent être complexes et les multiplicités algébriques et géométriques peuvent diverger.

Tension sémantique

Tension sémantique
Il existe une tension entre l'intuition de la diagonalisation fini-dimensionnelle et les phénomènes infinidimensionnels : base propre discrète contre spectre continu et nécessité de mesures projectives dans le cas général.

Synthèse

Synthèse
Le théorème spectral pour opérateurs compacts auto-adjoints généralise la diagonalisation finie-dimensionnelle : il garantit un spectre réel discret muni d'une base propre orthonormée et une expansion de l'opérateur par ses valeurs propres, permettant le calcul fonctionnel et la réduction modale en espaces de Hilbert infinidimensionnels.